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Le Meunier et le scieur

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Le Meunier et le scieur
Aux confins de la Haute-loire et de l’Ardèche, voici le Plateau. Les ancêtres de l’auteur n’ont jamais quitté ce haut pays, tous étaient laboureur, tailleur d’habit ou sabotier. Son grand-père maternel est propriétaire d’une ferme flanquée d’un moulin et d’une scierie. Aimé-Fernand, son père, sera le premier à ne pas vivre de la terre; il devient meunier et scieur. Retrouvons avec Gilbert Court les chemins de ses jeunes années, avec leurs joies, leurs peines, avec leur charme aussi…

-EXTRAIT-  
     Le père, mon père, Aimé Fernand. Signe particulier, il présente en creux sur le front, les traces d’une ancienne blessure. Son premier prénom est peu connu. Pour les amis, c’est Fernand, «Fernant » en patois et prononcez bien le « t » final.
     Artisan à la Scie, il cumule les métiers de meunier, scieur et ébéniste. Seules traces de cette dernière activité, quelques meubles, surtout placards et armoires à linge disséminé au fil des partages. Ces réalisations sont rares, le temps manque l’outillage aussi, et puis on ne peut pas tout faire !
     Tour à tour blanc de farine ou couvert de sciure, la casquette toujours vissée sur le crâne, il passe d’un local à l’autre, suivant l’urgence des travaux à réaliser. Le voilà sous la scie, une lame à affûter tendue à bout de bras. Puis le meunier aide au chargement ou au déchargement des sacs.
     En famille, papa est le chef et le fait savoir. Il faut filer droit sinon, « pan » ! L’index crochu (encore un vestige d’ancienne blessure) s’abat sur le crâne, et c’est douloureux !
     Les ordres fusent :-
     «va balayer le moulin», -
     «sors les écoins», -
     «Repousse la sciure.»
     Si l’on ne s’exécute pas sur le champ, les menaces se précisent et en patois, le rappel à l’ordre semble plus ferme :-
     «As aouvi ? Té vaou fa couré !» (Tu as entendu ? Je vais te faire activer !) .
     Maman n’est pas à l’abri des remontrances. Si par malheur, à cause par exemple d’une lessive à étendre, la table n’est pas mise à temps, l’époux s’impatiente. - «coueï pas encaré presté ? anèn, couita-té !» (Ce n’est pas encore prêt ? Allons, dépêche-toi !).
     Mon père est d’un abord rude, mais la tendresse transpire parfois sous l’écorce dure. C’est l’un de nous qu’il prend le soir sur ses genoux, le plus souvent Annie, la plus jeune, la seule fille… La gâtée, quoi ! .
     C’est parfois un sourire complice à sa femme, à la fin d’une journée pénible.

Auteur : Gilbert COURT
Editeur : Éditions Dolmazon
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